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Késako un atelier de conception de jeu vidéo?

publié le 22 déc. 2014 à 05:40 par stephanie Akre   [ mis à jour le·1 sept. 2016 à 21:58 par Thomas Gaudy ]
  Tous nos ateliers sont mis en place en partenariat avec des organismes locaux d'accueil de jeunes publics (centre communautaire, centre d'aide au raccrochage scolaire, écoles ou organismes encadrant des publics ayant des handicaps...). Nous souhaitons ainsi mettre en valeur le travail souvent exeptionnel de ces organisations sociales qui font beaucoup avec peu et qui participent activement au dynamisme et à l'épanouissement des jeunes. 
  Nos ateliers s'adressent essentiellement à des jeunes de douze à trente-cinq ans en situation de décrochage scolaire ou ayant des handicaps. 
  Le but de nos ateliers consiste à sensibiliser les jeunes participant(e)s aux métiers de l'industrie des jeux vidéo et aux compétences nécessaires à l'élaboration d'un jeu vidéo: 

 - Il s'agit d'une part d'utiliser le jeu comme motivation pour favoriser la persévérance scolaire : « je vois que les compétences que j'ai acquises en classe peuvent être appliquées pour la création d'un jeu vidéo. Je vais chercher à développer davantage mes connaissances en rapport avec les technologies numériques.»

 - D'autre part, les jeunes joueur(se)s de jeux vidéo, consommateur(trice)s passif(ve)s d'un média, pourtant interactif vont progressivement devenir au cours du processus de création de l'atelier des auteur(e)s et des concepteur(trice)s d'une œuvre collective.

  Le processus de conception de nos ateliers se déroule sur cinq rencontres de trois heures.

 Première rencontre : notre animateur, Thomas Gaudy, présente les différents métiers des jeux vidéo et le processus général de conception. Il explique aux participant(e)s les limites en rapport avec les conditions de l'atelier. Enfin, il rassemble, lors d'une discussion avec les jeunes, un premier ensemble d'idées.

 
Atelier au centre communautaire de loisir de la Côte-des-Neiges (automne 2014, Montréal)
 
 Deuxième rencontre : les participant(e)s procèdent à la création des niveaux du jeu et définissent les personnages et les interactions entre eux. Cette étape est réalisée sous forme de dessins faits à la main sur support papier.

 Troisième rencontre : Les participant(e)s créent les premiers visuels de jeu sur ordinateur. Ils modifient le design des niveaux de jeu sur ordinateur et enregistrent les sons à intégrer dans le déroulement de la partie. Ils doivent se montrer inventifs pour créer les bruitages de leur jeu: le bruitage du vol d'un oiseau a été réalisé grâce à l'enregistrement du son d'une feuille de papier auquel nos sound designers en herbe ont ajouté des effets spéciaux sonores! Ou encore, lorsque l'avatar grimpe, le bruitage a été obtenu en frottant deux verres contre une table... Ces bruitages ont été créé pour «La montagne bleue», jeu réalisé à l'occasion d'un atelier organisé en partenariat avec le Centre Communautaire de Loisir de la Côte-des-Neiges, à Montréal.

 Quatrième rencontre : En plus de continuer le travail de production de dessins et de sons, les jeunes participant(e)s procèdent à l'ajustement des niveaux de jeu.

 Cinquième rencontre : Voici, une étape importante pour rendre le jeu agréable à jouer et pour pouvoir le présenter à ses amis, à sa famille et au grand public... La recherche des bugs! Ensuite, notre concepteur, Thomas Gaudy, aide le groupe à mettre en place les derniers correctifs à apporter sur le jeu.

  Le travail de programmation du processus de conception est réalisé à l'interne par notre programmeur, Thomas Gaudy. Le temps de programmation équivaut à une centaine d'heures de travail, à des litres de cacao au lait d'amandes chaud, à des heures «sup» jusque tard dans la nuit, à des cris de frustration puis de joie lorsque bugs et problèmes sont enfin résolus!!! Bref, toute la MAGIE de création d'un jeu vidéo, ;).

  Lorsque le jeu est achevé, les participant(e)s sont invités à le recevoir au cours d'un événement social. Ils peuvent, autour d'une collation, discuter de leur expérience et avoir la primeur d'essayer leur jeu. C'est aussi l'occasion de présenter le jeu à l'organisme au sein duquel il a été réalisé et les jeunes peuvent expliquer avec leurs mots les étapes de conception et voir le plaisir que leur jeu procure à ceux qui y jouent.

  
Événement organisé au centre communautaire de loisir de la Côte-des-Neiges lors de la remise du jeu fini (Automne 2014, Montréal)

  Enfin, vient le temps de la valorisation de l'oeuvre conçue. Le jeu est présenté lors d'expositions au grand public. Nous choisissons des lieux aussi variés que des musées: Exposition Pacman 2008 au musée des Arts et métiers de Paris du jeu «La recherche des prisonniers» ou à la Cité des sciences et des métiers de l'industrie de Paris pour le jeu «Blind zombies world saga» en 2014, dans des bibliothèques, des centres culturels. 
Mais aussi lors d'événements tels que Le Printemps numérique à Montréal ou encore le festival Eurêka du centre des sciences de Montréal pour le jeu «La montagne bleue»: à venir... Tenez vous à l'affut grâce à notre infolettre ou encore en nous suivant sur nos réseaux sociaux
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Stéphanie Akré.