Késako les technologies accessibles?

publié le 8 déc. 2014 à 10:17 par stephanie Akre   [ mis à jour le·1 sept. 2016 à 21:59 par Thomas Gaudy ]
Deux événements récents m'ont inspiré l'écriture de cet article. Tout d'abord, le 03 décembre 2014 avait lieu la journée internationale du handicap (date fixée depuis 1992 par les Nations Unies). Cette année, le thème en était «Les technologies au service de la personne handicapées». Et puis cette très belle nouvelle dans le monde des médias accessibles: AMI (Accessible Media Inc.) lancera le 16 décembre 2014 sa chaîne francophone AMI-télé spécialement conçue pour les personnes ayant des handicaps.

   

Je trouve que ce sont deux bons prétextes pour se pencher sur l'ouverture du domaine des technologies à l'accessibilité aux personnes handicapées.

Certaines technologies se sont intéressées aux personnes atteintes d'un trouble du spectre de l'autisme en leur permettant d'exprimer par de nouveaux modes de communication leurs besoins et leurs préférences. Ou encore, les personnes présentant une déficience intellectuelle ont été prises en compte dans le développement des technologies mobiles (tablettes, téléphones intelligents) leur permettant un meilleur accès à des milieux résidentiels autonomes, de prendre place sur le marché du travail ou de se déplacer de façon plus autonome dans la communauté, etc.
Enfin, citons l'exemple de prototypes de voitures intelligentes offrant de nouvelles options de déplacements pour les personnes non voyantes qui ont été présentés il y a quelques semaines.

Malgré de belles initiatives dans le domaine des technologies qui augmentent les possibilités de participation sociale pour certaines personnes présentant des handicaps, il reste encore beaucoup à faire pour les rendre accessibles.

L'évolution rapide des technologies et les coûts associés à la mise à jour du matériel informatique engendrent des freins importants. Bien que ces outils puissent avoir des impacts importants permettant l'amélioration de la qualité de vie des personnes handicapées, plusieurs d'entre elles ont des budgets réduits ce qui limite leur accès aux technologies les plus pointues.
Tout comme l'absence de rampe peut interdire l'accès à des bâtiments à des personnes ayant une mobilité réduite, l'absence d'écrans tactiles ou de souris adaptées limite l'accès aux ordinateurs publics augmentant l'exclusion numérique des usagers ayant des handicaps moteurs.

Bien que l'évolution technologique nous permette de rendre les contenus multimédias plus accessibles, peu de concepteurs sont sensibilisés à la situation des personnes handicapées.

Cela se traduit dans le fait de privilégier l'écriture comme mode de communication principal (site internet, courriels, réseaux sociaux) ou encore de ne pas prendre en compte les standards d'accessibilité web (privilégier des bons contrastes noir sur fond blanc ou blanc sur fond noir, taille de police, insérer peu de tableaux, simplifier la structure des menus, etc.) lors de la conception des sites internets. D'ailleurs, je vous invite à nous faire part de vos remarques ou de vos conseils pour nous permettre d'améliorer encore l'accessibilité de notre site internet. Vous pouvez nous écrire à: info@ludocielspourtous.org ou nous téléphoner au (514) 508-5694.


Vous pouvez visiter le site très accessible d'AMI (en anglais) pour vous rendre mieux compte des types d'accessibilité qui peuvent être inclus. Accessibilité Média Inc. est une entreprise multimédia sans but lucratif,située à Montréal qui propose des services de diffusion comme AMI-tv et AMI-audio, tous deux en anglais. Ces médias sont à la disposition de plus de cinq millions de Canadiens qui sont aveugles, malvoyants, sourds, malentendants, à mobilité réduite ou incapables de lire des textes imprimés. L'organisation a fait part du lancement de sa nouvelle chaîne en français, AMI-télé, accessible aux personnes présentant des handicaps pour le 16 décembre prochain. Il existe un site internet en français www.AMItélé.ca qui est encore en construction.

Ce qui fera la différence avec d'autres stations, c'est que le contenu de la chaîne sera entièrement en vidéo-description en clair, c'est-à-dire qu'elle intégrera une description narrative à chacun de ces programmes. AMI-télé offrira des programmes généraux comme des séries, du cinéma, des émissions jeunesse et un regard sur les affaires publiques. Dès le printemps prochain, des programmes originaux seront offerts. Une distribution obligatoire accordée par le CRTC (Conseil de la Radiodiffusion et des Télécommunications Canadiennes) à AMI-télé pour sa contribution exceptionnelle à l’atteinte des objectifs de la loi canadienne sur la radiodiffusion permettra à la chaîne de faire partie du bloc de services de base offert à tous les abonnés d’entreprises de distribution par câble et par satellite.
Les dirigeants d’AMI-télé sont M. David Errington, président et chef de la direction d’Accessibilité Média et M.Philippe Lapointe, vice-président à la programmation et à la production d’AMI-télé. D'ailleurs pour citer Mr Lapointe: «Pour les personnes non-voyantes ou avec une déficience visuelle, la télévision est un outil essentiel d’information et une source privilégiée de divertissement. En ce sens, AMI-télé devient un moyen important d’inclusion pour elles et leur famille.»

Finalement, il suffit de peu pour s'engager sur la route de l'accessibilité: être sensibiliser à l'inclusion des personnes atteintes de handicaps dans les nouvelles technologies et changer légèrement sa façon de penser en ayant l'esprit les possibilités d'adaptation pour encourager l'accessibilité universelle. C'est à la portée de chacun d'entre nous.

Stéphanie Akré.

Sources: bulletin d'information du RAAMM
Article de Marie-Josée Roy publié le 27 novembre dans le Le Huffington Post Québec.
De Dany Lussier-Desrochers et Martin Caouette, publié le 3 décembre dans les pages débats de La Presse (professeurs en psychoéducation à l'Université du Québec à Trois-rivières, respectivement directeur général et directeur du transfert des connaissances du Centre de Partage d'Expertise en Intervention Technoclinique).